Artiste peintre — Champillon, vallée de la Marne

Patrick
Adam

Figuration lyrique  ·  Aquarelles en pays champenois

I

L'artiste

Soixante ans de peinture, entre le motif et le rêve

Né en 1946, petit-fils et fils de chef de cave, Patrick Adam grandit à Aÿ, au rythme des promenades dans les vignes, des bords de Marne et des vendanges. Après le lycée d'Épernay et la faculté des Lettres de Reims, il enseignera les Lettres au lycée Libergier de Reims jusqu'en 2007 — sans jamais cesser de peindre.

« Initié par un camarade de collège à 14 ans, en 1960, j'ai découvert la peinture en reproduisant à la gouache des tableaux de Monet et autres impressionnistes. »

Élève de Roger Havrez, qui l'initie à l'aquarelle, il se passionne très tôt pour l'art moderne — Paul Klee, Nicolas de Staël, les écrits de Kandinsky — et pratique huit ans durant un art strictement non figuratif. En 1968, face au Pop art et aux « plasticiens qui ne peignaient plus », il perd la foi et abandonne la peinture. Deux ans plus tard, l'envie est toujours là : il revient au paysage, à l'aquarelle, sur le vif, en réapprenant à peindre « en regardant la nature et les aquarelles de Cézanne et de Turner ».

Installé à Champillon depuis 1972, sur les hauteurs de la vallée de la Marne, il mène depuis deux vies de peintre : l'aquarelliste des paysages champenois, et le peintre non figuratif de l'atelier.

« Je m'exerce aujourd'hui avec autant de plaisir et de passion à ces deux styles de peinture, comme un pianiste classique abandonnant pour un temps Chopin ou Debussy pour se livrer à une improvisation de jazz. »

« Il n'y a pas de progrès en art, mais simplement des artistes qui progressent sur le chemin qu'ils ont choisi. »

Portrait de Patrick Adam dans son jardin à Champillon
Patrick Adam, à Champillon
  1. 1946Naissance — enfance à Aÿ, dans les vignes
  2. 1960Premières gouaches d'après Monet
  3. 1972Installation à Champillon, l'aquarelle sur le motif
  4. 1980Première exposition personnelle, Épernay
  5. 2008Fondation de l'atelier des Diablotins
  6. 2011Le livre Aquarelles en pays champenois
  7. 2020Les grands formats de la Figuration Lyrique
II

Les aquarelles champenoises

Quarante ans de paysages peints sur le motif

Pendant quarante ans, Patrick Adam a peint des aquarelles figuratives des paysages de Champagne, de Sologne et de Bretagne — Hautvillers et son abbaye, Aÿ, Cumières, Boursault, Verzy, Avenay-Val-d'Or, la cathédrale de Reims, les bords de Marne. Toujours sur le motif, en une seule séance d'environ trois heures, uniquement le matin, presque sans retouche d'atelier : l'aquarelle ne pardonne pas.

Sur papier Arches, il ménage les blancs, cherche les « beaux gris colorés » nés des mélanges fortuits, et transpose en clair, selon le conseil de Dufy. Quatre-vingts de ces aquarelles sont réunies dans le livre Aquarelles en pays champenois.

Le chevalet de Patrick Adam planté dans les vignes enneigées de Champillon
Le chevalet dans les vignes, un matin d'hiver.
« En hiver, j'ai parfois vu des étoiles de givre dans le ciel mouillé. Et j'avais froid aux pinceaux ! Je préférais le printemps, et surtout l'automne, multicolore. »
Hautvillers, l'abbayeAquarelle
La vallée en septembreAquarelle
Vendanges à AÿAquarelle
Neige à HautvillersAquarelle
Automne flamboyantAquarelle
Bord de MarneAquarelle
La Marne à BoursaultAquarelle
La vallée en octobreAquarelle
Neige sur la valléeAquarelle
La taille, à BoursaultAquarelle
Dans le jardin de l'Hôtel de Ville d'ÉpernayAquarelle
Dans le jardin, octobreAquarelle
Avenay-Val-d'OrAquarelle
Avenay-Val-d'Or, les coteauxAquarelle
Ville-en-SelveAquarelle
le chevet de la cathédraleaquarelle
La Marne à Cumièresaquarelle
Sur le jardinaquarelle
Devant la fenêtreaquarelle

Depuis 2020

« Je pars d'une totale abstraction pour deviner des paysages selon la logique des rêves.
Je ne peins pas des lieux, mais des éléments. »

III

La Figuration Lyrique

Grands formats — des symphonies d'éléments

« En écho à l'Abstraction Lyrique des peintres de la deuxième moitié du XXe siècle, ma peinture pourrait être qualifiée de Figuration Lyrique. Au lieu de déformer la réalité pour libérer la peinture de la représentation, je donne forme à l'abstraction initiale pour rejoindre allusivement une réalité "en lisière" de l'abstraction. »

« D'un chaos initial, plus ou moins préparé, de couleurs et de textures qui couvrent la toile, je devine des formes et des forces qui évoquent sans représenter. Cela peut être un fond sous-marin, une montagne, un précipice, une forêt ou une vision du cosmos. »

« Les couleurs — deux ou trois — sont appliquées avec du papier, des éponges, de l'eau versée ou projetée, sans brosses ni pinceaux, des quatre côtés de la toile que j'incline dans tous les sens … La conception a lieu après la naissance. L'important est de structurer ce chaos initial pour lui donner du relief. Effacer, ajouter, accentuer ce qui est donné par le hasard, et suggérer des réminiscences de paysages : c'est une aventure passionnante. »

« Je ne peins pas de paysages, mais des symphonies d'éléments : les eaux vives ou dormantes, le feu, le magma, les amas d'étoiles, les arbres, les lichens, les strates, les gouffres, les grottes et les abysses, les pics, les brumes, les glaces et les soleils… Tout cela en mouvement, animé par les forces : explosion, dispersion, concentration — vagues, ondulations, chutes, jaillissements ou calmes plats. »

« Il faut pouvoir se promener, flâner à sa guise dans un tableau, et y revenir pour trouver d'autres parcours au gré de sa fantaisie. Au peintre de proposer des chemins, que l'on peut quitter et retrouver à volonté. »

« Appuyez-vous sur ce mur en ruine et, matin et soir, contemplez-le … les bosses formeront les montagnes, les creux formeront les vallées, et les failles les cours d'eau. »

Shen Kua, lettré et peintre chinois du XIe siècle — un texte que Patrick Adam aime citer
CosmosAcrylique sur toile
Prélude en bleu et rougeAcrylique sur toile
Le vaisseau fantômeAcrylique sur toile
Nuit étoiléeAcrylique sur toile
Cascade verteAcrylique sur toile
FluxAcrylique sur toile
LacsAcrylique sur toile
Pays de feuAcrylique sur toile
AperçuAcrylique sur toile
Eaux profondesAcrylique sur toile
StratesAcrylique sur toile
FalaisesAcrylique sur toile
NébuleuseAcrylique sur toile
Autres mondesAcrylique sur toile
La vagueAcrylique sur toile
Mer de nuagesAcrylique sur toile
TurquoiseAcrylique sur toile
RencontreAcrylique sur toile
ChutesAcrylique sur toile
Diptyque AAcrylique sur toile
Diptyque BAcrylique sur toile
Dans la montagneAcrylique sur toile
Le feuAcrylique sur toile
La chuteAcrylique sur toile
Eaux d"émeraudeAcrylique sur toile
Eclats de feuAcrylique sur toile
FeuxAcrylique sur toile
AscensionAcrylique sur toile
Le col des brumesAcrylique sur toile
Feux et brumesAcrylique sur toile
JungleAcrylique sur toile
RomantiqueAcrylique sur toile
Dans les nuagesAcrylique sur toile
Ouverture en bleuAcrylique sur toile
Sans titreAcrylique sur toile
Sans titreAcrylique sur toile
ImbricationAcrylique sur toile
Grand paysage bleuAcrylique sur toile
RemousAcrylique sur toile
ConfluentAcrylique sur toile
FlotsAcrylique sur toile
Feux nocturnesAcrylique sur toile
EcumeAcrylique sur toile
LibérationAcrylique sur toile
EmeraudeAcrylique sur toile
Dans la montagneAcrylique sur toile
Saisons -Automne flamboyantAcrylique sur toile
Saisons -PrintempsAcrylique sur toile
Saisons -EtéAcrylique sur toile
Saisons -AutomneAcrylique sur toile
NébuleuseAcrylique sur toile
EffervescenceAcrylique sur toile
Forêts et brumesAcrylique sur toile
Sans titreAcrylique sur toile
ChutesAcrylique sur toile
Parmi les eaux profondesAcrylique sur toile
Eclats d'ivoireAcrylique sur toile
Réminiscence 26Acrylique sur toile
RéminiscenceAcrylique sur toile
RêverieAcrylique sur toile

« Tous les arts aspirent à la condition de la musique, qui n'est que forme. »

J. L. Borges

La musique est l'autre passion de Patrick Adam. « C'est dans cet espace libéré de la représentation que j'essaie parfois de retrouver les émotions analogues à celles que suscite en moi la musique. Libre à chacun de s'approprier ces images et d'y projeter des réminiscences personnelles. »

IV

Réflexions sur la peinture

Écrits d'atelier

Peindre et penser la peinture sont chez Patrick Adam deux gestes du même mouvement. Ces textes, écrits au fil des années dans l'atelier de Champillon, interrogent ce que peut encore la peinture : son rapport à la musique, la fascination de l'image fixe, la frontière poreuse entre l'abstraction et la figuration.

Une figuration lyrique Je donne forme à l’abstraction initiale pour rejoindre allusivement une réalité « en lisière ».

En écho à l’Abstraction Lyrique des peintres de la deuxième moitié du XXe siècle ma peinture pourrait être qualifiée de « Figuration Lyrique ».

Au lieu de déformer la réalité pour libérer la peinture de la représentation, je donne forme à l’abstraction initiale pour rejoindre allusivement une réalité « en lisière » de l’abstraction.

La peinture des éléments Je ne peins pas de paysages, mais des « symphonies » d’éléments.

L’essentiel de mon travail est de susciter et faciliter le hasard qui fera de la toile un lieu de projection et d’interprétation, comme ce jeu qui consiste à déceler des figures dans les nuages ou sur un vieux mur (exercice que Léonard de Vinci conseillait à ses élèves).

Bien sûr, à l’origine, ce sont des amas de couleurs, des striures, des coulures, des impressions, des mélanges aléatoires relativement contrôlés. Mais je ne peux pas en rester au chaos ; il me faut deviner des éléments de paysages, des chemins familiers dans ces amas et linéaments. Sans que cela devienne trop explicite. Je ne peins pas de paysages, mais des « symphonies » d’éléments : mes thèmes, mes motifs au sens musical du terme sont des éléments, des formes et des forces : les eaux vives ou dormantes, le feu, le magma, les amas d’étoiles, les arbres, les lichen, les mousses, les strates, les illuminations, les gouffres, les grottes et les abysses, les pics, les amas rocheux, les fils et filaments ; les algues, les coraux, les ombres. Des crevasses et des pics, des ruisseaux et des brouillards, des éclats et des ombres, des lacs, des arbres, des nuages, des chutes, des brumes, des glaces et des soleils, des envols, des feux, des algues et des rhizomes.

Tout cela en mouvement, animé par les forces. Explosion, dispersion, concentration : vagues, ondulations, chutes, jaillissements ou calmes plats.

Mon objectif : des tableaux qui réunissent tous ces éléments, dans une unité « symphonique ». Une figuration symphonique ou figuration lyrique (au sens wagnérien du terme). Des symphonies dont les thèmes sont tissés ensemble, sans autre cohésion, ou principe d’organisation que l’équilibre des lumières et des ombres, les harmonies colorées. Les contrastes et les passages, les demi-teintes et les éclats colorés et surtout les lignes directrices, et les chemins pour le regard.

Le chemin réunit le temps et l’espace : Il faut pouvoir se promener, flâner à sa guise dans un tableau, et y revenir pour trouver d’autres parcours au gré de sa fantaisie.

Au peintre de proposer des parcours, que l’on peut quitter, à sa fantaisie, et retrouver à volonté.

Abstraction ou figuration ? Mes peintures ne sont jamais « abstraites » : elles empruntent à la Nature ses forces plutôt que ses formes.

Mes peintures ne sont jamais « abstraites ». Elles ne « représentent » pas mais font écho à la Nature, par des analogies, des correspondances, des réminiscences, en lui empruntant ses forces plutôt que ses formes, qui apparaissent parfois malgré moi.

Le hasard m’ouvre la voie et je me l’approprie.

Mais chacun peut projeter sur ces images son interprétation personnelle, en se promenant dans le tableau et en y trouvant ses propres chemins…

Ce texte d’un lettré et peintre chinois du onzième siècle résume assez bien cette conception de la peinture :

Vous devriez d’abord chercher un mur en ruine et étendre soigneusement sur ce mur une pièce de soie blanche. Alors, appuyez-vous sur ce mur en ruine et, matin et soir, contemplez-le. Quand vous l’aurez regardé assez longtemps à travers la soie, vous verrez sur le mur des bosses et des méplats dont le tracé sinueux formera parfaitement le dessin d’un paysage. Retenez bien en esprit l’image perçue par vos yeux, alors les bosses formeront les montagnes, les creux formeront les vallées, et les failles les cours d’eau. Les parties claires constitueront les premiers plans et les parties sombres les lointains. Grâce à la faculté qu’a l’esprit de saisir les choses et l’idée de les instaurer, vous croirez voir là des personnages et des animaux, des herbes et des arbres, des créatures mouvantes allant et venant. Quand ce spectacle s’imposera à votre regard, vous gouvernez votre pinceau au gré de votre pensée. Alors, dans le silence de la contemplation, en état de communion spirituelle, le paysage vous apparaîtra dans sa vérité spontanée, comme façonné par la Nature, sans rien qui rappelle une œuvre humaine. Voilà ce qu’on appelle une peinture vivante.

Shen Kua (1031-1095), Conseils à un jeune peintre

À rapprocher de ce texte célèbre de Léonard de Vinci :

Si tu regardes un mur couvert de taches ou fait de différentes espèces de pierres et que tu cherches à imaginer une scène, tu y découvriras des paysages variés, embellis de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines dans divers arrangements et une infinité d’objets que tu pourras ramener à des formes parfaitement dessinées. Elles apparaissent de façon confuse, comme le son des cloches dont chaque tintement évoque le nom ou le mot que tu choisis d’imaginer.

Léonard de Vinci
Peinture et musique Mais l’analogie est trompeuse : l’espace et le temps ne se confondent pas.

(…) Tous les arts aspirent à la condition de la musique, qui n’est que forme.

J. L. Borges

Au XIXe siècle, après l’invention de la photographie, censée libérer la peinture de la représentation, les peintres soucieux de développer un art autonome se sont souvent référés à la musique, l’art le plus spirituel (abstrait et immatériel) et en même temps le plus sensuel (par le rythme et les timbres) et le plus affectif (par la mélodie). Un art détaché de toute représentation.

Dans le même temps, les compositeurs romantiques et impressionnistes adoptaient le poème symphonique, (qu’il serait plus juste d’appeler tableau symphonique) : « Dans les steppes de l’Asie centrale », « La mer », et donnaient à leurs études des titres « figuratifs » : « Jardins sous la pluie », « la cathédrale engloutie », comme s’ils voulaient se rapprocher de la peinture.

On trouve cette idée de peinture musicale, devenue ensuite un lieu commun, chez Van Gogh : « la peinture, comme elle est maintenant, promet de devenir plus subtile — plus musique et moins sculpture — enfin elle promet la couleur. » De même Élie Faure : « la peinture exprime le passage subtil, essentiel et multiple de la sculpture à la musique ».

Kupka, Delaunay, Paul Klee ont donné des titres musicaux à leurs tableaux. Kandinsky, le premier peintre non-figuratif, s’est voulu le théoricien de ce mouvement en s’efforçant d’élaborer, sans succès, un solfège universel des lignes, surfaces et couleurs.

Mais l’analogie est trompeuse ; si l’on trouve des rythmes, des timbres, des contrastes d’intensité et des dissonances dans la peinture, on chercherait en vain l’équivalent de la mélodie qui semble inséparable de la durée…

Et surtout, l’espace et le temps ne se confondent pas. L’ouïe et la vue ont des fonctions tout à fait différentes dans la perception de la réalité qui nous entoure.

Il ne nous viendrait pas à l’esprit, en écoutant une symphonie de Mozart ou de Brahms, de trouver des analogies avec le vent qui souffle, le bruit d’une cascade. Ou d’associer l’art de la fugue à un robinet qui goutte ou au chant inspiré de la grive musicienne. La musique, qui touche en profondeur notre sensibilité, reste cependant essentiellement abstraite, détachée du monde réel. Elle n’est « que forme ». Par ailleurs, une œuvre musicale est infiniment plus riche que les quelques bruits discontinus ou inlassablement répétitifs que nous offre le monde naturel ou industriel qui nous entoure.

Il en va tout autrement du sens visuel : un paysage de montagne, de collines, de bois et de prairies offre souvent une profusion, une diversité et même une harmonie bien plus riches que le tableau abstrait le plus élaboré. On ne peut s’empêcher de chercher ou de trouver dans celui-ci des analogies avec le monde qui nous entoure : il suffit de voir dans un tableau non-figuratif un cercle pour penser malgré soi au soleil, une ligne ondulée rappelle le mouvement des vagues, le bas du tableau est assimilé inconsciemment au sol, le haut et le bleu évoquent le ciel. Le peintre strictement non-figuratif est donc partagé entre deux extrêmes : la géométrie pure (Mondrian) ou l’informel (Pollock). S’il essaie de peindre des formes non géométriques, il peut difficilement éviter le rapprochement avec le monde visible. Ce n’est plus vraiment de la peinture abstraite et la comparaison avec la musique ne tient plus…

C’est pourtant dans cet espace libéré de la représentation mais très restreint que j’essaie parfois de retrouver les émotions analogues à celles que suscite en moi la musique, mon autre passion… Libre à chacun de s’approprier ces images et d’y projeter des réminiscences personnelles.

La fascination de l’image fixe Le tableau irradie en tous sens et ne perd pas de son intérêt quand il a été vu.

Objet de contemplation éphémère, le tableau irradie en tous sens. Et ne perd pas de son intérêt quand il a été vu.

On passe peu de temps devant un tableau, mais on aime le revoir : le tableau est fait pour être revu, sur son mur ou au musée. (comme une musique d’autant mieux appréciée qu’on la connaît déjà, contrairement au roman policier)

L’original, authentique : la fascination de l’image fixe.

On peut éprouver du plaisir à regarder une reproduction fidèle, grandeur nature mais pas le frisson sacré devant un authentique Vermeer, un Van Gogh qui semble avoir été peint hier. (l’« aura » de W. Benjamin)

Est-ce le poids de la légende, de l’Histoire de l’Art, du Temps qui a fait son œuvre et transforme les tableaux en icônes ? On peut même être ému par le Carré blanc de Malévitch parce qu’il fait date dans l’Histoire de l’Art.

La peinture fixe le temps de la création, et de la contemplation ; en se donnant tout entière à la vue, elle résume tout le travail de création du peintre qui l’a réalisé seul, « en personne ». Cela n’existe pas en musique ni en littérature, à moins de voir le manuscrit original…

Tous les arts aspirent à la condition de la musique qui n’est que forme.

J. L. Borges

La peinture comme elle est maintenant promet de devenir plus subtile — plus musique et moins sculpture — enfin elle promet la couleur.

Van Gogh, 1888

Musique et peinture, deux langages très différents malgré des analogies parfois trompeuses.

Une grande œuvre musicale est une combinaison d’éléments, de moyens d’expression (Le rythme, la mélodie, l’harmonie, les timbres et les nuances.) qui s’équilibrent et se renforcent mutuellement. Que l’un de ces éléments soit volontairement ou non négligé, et l’œuvre perd beaucoup de son intérêt ou devient inaudible. (l’abandon de la mélodie, de l’harmonie tonale et parfois des rythmes au profit des timbres, dans la musique dite contemporaine)

Il n’en est pas de même en peinture : par exemple, un dessin peut se passer de la couleur. Les couleurs peuvent remplacer les valeurs, etc.

En effet, le langage pictural est beaucoup plus problématique ; ce qui unissait autrefois les éléments picturaux, la représentation, exigeait de choisir entre des moyens d’expression parfois antagonistes (couleur et valeurs, dessin et couleur.) La représentation faisait accepter, dans un paysage la présence quasi systématique d’un ciel clair occupant la partie haute du tableau. La prédominance des verts et des ocres (et la quasi absence du violet). Des formes disproportionnées, telle colline, tels arbres, tel premier plan imposé. Ce qui ne nous choque pas dans la nature, toutes ces formes et couleurs aléatoires mais familières, étaient ainsi acceptées tout naturellement dans le tableau. Il en était de même pour le fond d’un portrait ou d’une nature morte ; les teintes neutres ou sombres — les beaux noirs de Velasquez ou des peintres hollandais — quasi abstractions ayant pour objet de se faire oublier et de mettre en valeur le motif.

Mais qu’est-ce qui unit, fait tenir ensemble, les éléments d’un tableau abstrait ?

Existe-t-il l’équivalent des thèmes musicaux qui se déroulent dans la durée ?

La musique est linéaire, horizontale (portées) et verticale (harmonie). Le tableau n’a ni début ni fin, à part l’ordre tout personnel de sa lecture, en partie guidé par le peintre.

Peut-on échapper aux habitudes visuelles et considérer l’œuvre abstraite comme un objet ajouté à la nature, au même titre qu’une automobile ou une fourchette ?

Ces artéfacts sont certes en trois dimensions. Et le dessin comme la peinture, en deux dimensions, nous ont habitués à un espace mental signifiant.

À une dame qui lui disait ne pas voir ce que signifiait un de ses tableaux, Picasso lui répondit : et une rose ? qu’est-ce que ça signifie ? La réponse semble brillante… mais elle est très discutable : en dessinant un œil, un sein, un pied, Picasso « signifie ». Il perturbe nos habitudes visuelles dans son affirmation délibérée d’artiste démiurge. Il détestait d’ailleurs l’art abstrait.

Le tapis d’orient est également en deux dimensions. Il peut être quasiment abstrait. Et se rapprocher de la musique par ses répétitions de motifs, ses harmonies, ses couleurs, etc. Mais comme presque tous les arts décoratifs (certes décors baroques y échappent), il est soumis à la symétrie et n’a ni début ni fin.

Un tableau abstrait peut-il éviter le piège du décoratif, du minimalisme (Mondrian, Rothko) ou de l’informel (Pollock) ?

La question est : peut-on peindre un tableau abstrait en gardant les mêmes moyens d’expression, les mêmes principes de composition, les mêmes habitudes visuelles, etc.

Non. Il s’agirait de faux paysages, de paysages déguisés.

Il reste l’aléatoire, mais… qui peint ?

V

Petits formats

Acryliques sur papier — improvisations de poche

Entre les grandes toiles, des improvisations à l'acrylique sur papier : fragments de nature, éclats colorés, réminiscences — le jazz de l'atelier.

Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
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RéminiscenceAcrylique sur papier
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Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Petit formatAcrylique sur papier
Sans titreAcrylique sur papier
VI

Tableaux à vendre

Une sélection d'œuvres disponibles à l'atelier

Chaque tableau est une pièce unique, signée par l'artiste. Réservation par téléphone ou par courriel — remise en main propre à l'atelier de Champillon, envoi possible sur demande.

Cosmos

Acrylique sur toile

1 200 €

Nuit étoilée

Acrylique sur toile

1 500 €

La Marne à Boursault

Aquarelle

900 €

Neige sur la vallée

Aquarelle

700 €

Lacs

Acrylique sur toile

1 200 €

Mer de nuages

Acrylique sur toile

1 000 €

Le feu

Acrylique sur toile

1 100 €

Un tableau vous intéresse ? Appelez le 06 52 77 75 05 ou passez à l'atelier — d'autres œuvres sont disponibles sur place.

VII

Le livre

Patrick Adam, Aquarelles en pays champenois

Paru en 2011 aux Éditions de l'Effervescence (Reims), collection « Terroir d'Effervescence » : 96 pages et 80 aquarelles qui parcourent vingt ans de peinture sur le motif, du vignoble champenois aux bords de Marne.

  • Format 23 × 25 cm, couverture souple à rabats
  • En vente auprès de l'artiste — 33 €
  • ISBN 978-2-9525386-7-1
Neige sur la vallée, aquarelle reproduite dans le livre
Neige sur la vallée, l'une des aquarelles du livre
VIII

Expositions

Quarante-cinq ans d'expositions en Champagne et au-delà

Patrick Adam dans son atelier, devant une grande toile bleue
Dans l'atelier — photo parue dans L'Union, juillet 2021

« Mes peintures ne sont jamais vraiment abstraites, elles font écho à la nature ; les formes sont suggestives et laissent à l'imagination du visiteur l'interprétation de la toile. Le regard est toujours interpellé à quelque endroit, par une forme qui rappelle une réalité. »

Patrick Adam, à propos de l'exposition « Paysages imaginaires » — L'Union, 2021
2026
Paysages imaginaires — Champagne Chapuy, Oger ( Zone d'activité) — du 14 septembre au 20 octobre 2026
2024
Galerie Parallèles, passage Talleyrand, Reims
2021
Paysages imaginaires — La Maison de Mareuil, Mareuil-sur-AÿUne cinquantaine de toiles
2019
Hautvillers-Champillon — Office de tourisme d'Hautvillers, Hautvillers
2016-2018
Abstractions — Villa Douce, Tours-sur-Marne, Bazancourt, Hôtel de Ville de Châlons-en-Champagne, Vresse, Vouziers, médiathèque d'Épernay, Reims, Tours-sur-Marne, Bazancourt, Châlons-en-Champagne, Vresse (Belgique), Vouziers, ÉpernayExposition itinérante avec Olivier Adam et Henri Thierry
2016
L'esprit des clochers — Hautvillers
2015
Paysage de Champagne — Maison du Département, Reims
2014
Coteaux champenois, de Mareuil-sur-Aÿ à Cumières — Villa Bissinger, AÿDans le cadre de la candidature des Paysages du Champagne au patrimoine mondial de l'UNESCO
2011
Paysages abstraits — Médiathèque de Dizy, DizyParution du livre <em>Aquarelles en pays champenois</em>
2010
Abstractions — Salle Suzanne-Tourte, Cormontreuil
2010
Parcs et jardins — Office de tourisme d'Épernay, Épernay
2009
Rives et rivages — Médiathèque d'Épernay, Épernay
2008
Les douze villages — Office de tourisme d'Hautvillers, Hautvillers
2007
Duos et trios — Cormontreuil
2006
Châteaux en Champagne — Office de tourisme d'Épernay, Épernay
1997-2002
Embruns — Office de tourisme d'Épernay, Épernay
1997-2002
Au fil de la Marne — Office de tourisme d'Épernay, Épernay
1997-2002
Le jardin de l'Hôtel de Ville — Office de tourisme d'Épernay, Épernay
1997-2002
Montmirail, Hautvillers, DizyExpositions également présentées à Montmirail, Hautvillers et Dizy
1996
Royal Champagne, Champillon
1996
Champagne Mercier, Épernay
1995
La Maison du Vin, Aÿ
1991-1994
Aux Bleuets, Reims
1991-1994
Résidence Saint-Léger, Soissons
1989
Espace rencontre Libergier, Reims
1987
Galerie Wingerter, Nancy
1986
Galerie Armorial et Rectorat, Reims
1980
Rue Saint-Rémy, ÉpernayPremière exposition personnelle
Accrochage de huit toiles de Patrick Adam sur une cimaise de galerie
Accrochage récent — les toiles de la Figuration Lyrique en galerie
IX

L'atelier & les cours

À Champillon, sur les hauteurs d'Épernay

Les toiles accrochées dans l'atelier de Patrick Adam
Vue de l'atelier-galerie sous les combles, toiles aux murs

Visiter l'atelier-galerie

L'atelier-galerie « Aquarelle Patrick Adam » se visite sur rendez-vous : aquarelles, grandes toiles et petits formats s'y découvrent en compagnie de l'artiste, à dix minutes d'Épernay, au cœur du vignoble classé de la vallée de la Marne.

2 bis rue Bel Air
51160 Champillon

Les cours d'aquarelle

Patrick Adam propose des cours d'initiation et de perfectionnement à l'aquarelle. Depuis 2008, il anime aussi l'atelier des Diablotins à Champillon — un atelier convivial, ouvert à tous, débutants ou confirmés.

Renseignements et inscriptions par téléphone ou par courriel.